Les médicaments à l’unité


Le grand challenge des gouvernements qui se sont succédés au pouvoir ces 15 dernières années : la réduction du trou de la Sécurité Sociale. Notre système social est le plus généreux d’Europe et donc le plus coûteux.

Plus de gaspillage de médicaments

On estime à 1,5 kilos, le poids des médicaments que nous stockons dans notre armoire à pharmacie. Lorsque ces derniers arrivent à leur date de péremption, nous les jettons. Il existe donc un gaspillage considérable des médicaments. Ce gaspillage se chiffre en milliards chaque année. La Ministre de la Santé Marisol Tourraine propose donc un projet de loi pour que les pharmacies françaises délivrent les médicaments à l’unité. Dans un premier temps, ce système sera testé  dans un certain nombre de pharmacies et uniquement avec les antibiotiques.

Cet argument reviendrait donc à dire que le gaspillage est dû au conditionnement. Si nous gaspillons c’est tout simplement parce qu’on nous prescrit davantage de comprimés que ceux dont nous avons besoin. Cela signifierait également qu’il n’y a pas de gaspillage dans les pays pratiquant la vente de médicaments à l’unité… Or le Royaume-Uni connait également du gaspillage de médicaments. Cette fois, c’est le non-respect des traitements qui est en cause. Si le patient respectait réellement le traitement qui lui a été prescrit, effectivement, il n’y aurait vraiment plus de gaspillage. De la même façon, la passage à la consommation au médicament prés sera une façon de contrôler le résistance de certains patients aux antibiotiques. En effet, si certains patients arrêtent leur traitement avant la fin, ils auront plus de chance de rechuter et de résister aux antibiotiques.
Le passage aux médicaments à l’unité pourrait donc être une façon de gagner en efficacité au niveau des traitements. Il est effectivement important d’économiser mais il serait dommage de perdre la qualité de nos soins.

Les pharmaciens pas emballés

Les syndicats de pharmaciens sont prêts à aider dans la lutte contre le gaspillage et à cette mise en place. Ils mettent cependant en garde contre les systèmes qui seraient au final plus coûteux. Les arguments avancés par ces derniers sont les suivants :

  • les pharmacies qui ont beaucoup de clients vont devoir s’adapter car la préparation des ordonnances va prendre beaucoup plus de temps
  • les économies vont se faire sur le volume, mais va demander plus de main d’oeuvre. Les pharmaciens ne sont donc pas prêts à financer un tel changement. 
  • vendre des médicaments à l’unité implique que les patients vont se passer des notices. Or, elles sont plus qu’utiles, surtout dans le cas de patients qui pratiquent l’automédication. D’autant plus que la loi oblige les fabricants à spécifier sur l’emballage de leurs médicaments un certain nombre d’informations pour la sécurité du patient. Les pharmaciens devront donc rééditer ou trouver un système pour que le patient ait les informations relatives à la posologie de son médicament. L’exemple nord-américain est probablement celui que nous devrons suivre si cette mise en place est généralisée. Les américains utilisent des étiquettes qu’ils collent sur les tubes de médicaments. Ces étiquettes affichent également le nom du patient pour que la prise du traitement soit la plus saine possible. Enfin, les médicaments sont livrés aux pharmaciens en vrac. 
  • le conditionnement de certains médicaments peut également impacter leur conservation.

Médicaments à l’unité : du déjà vu

Ce gouvernement n’est bien évidemment pas le premier à avoir évoqué cette solution pour réduire les dépenses de la sécurité sociale.
Les freins qui ont été mis en avant à l’epoque étaient les suivants :

  • la production des laboratoires va d’adapter à ce mode de fonctionnement. Ces derniers risquent donc de répercuter les coûts de production sur le prix de vente de médicament. Donc pas d’économie au final pour la sécurité sociale
  • toutes les pharmacies ne génèrent pas le même volume. Cela va donc également impliqué que les laboratoires proposent un large choix de conditionnement
  • le système garantit-il que les conditions de conservations chez les patients sont optimales ?

Malgré ces arguments, la Ministre de la Santé se veut optimiste quant à la mise en place de ce système dans des pharmacies «pilotes». On ne peut que se réjouir de l’économie financière et environnementale qui sera générée. A quelle échéance? Rendez-vous dans 6 et 12 mois pour le dire.

Comme tout changement dans nos habitudes de consommation, celui ci sera certainement difficile à accepter. Souvenez-vous de la polémique liée à la vente de médicaments en ligne. Mais les français peuvent-il vraiment s’opposer à ce changement ? S’ils veulent conserver le remboursement de leurs médicaments, cela semble peut envisageable. Et vous ? Etes-vous favorable à la vente de médicaments à l’unité tel que le préconise la Ministre de la Santé ?

 

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